La journaliste Aurélie Marcireau banalise l’extrême droite, à l’insu de son plein gré bien entendu

Encore une journaliste encore plus lepéniste que Le Pen elle-même ?

Mélenchon = Le Pen sur Europe1 et dans L’Express

     Pour un grand nombre de journalistes, peu importe que l’extrême droite, pour prospérer, ait toujours eu besoin de feindre d’être « sociale ». Ils semblent ne pas le savoir. Marine Le Pen exige pourtant que son parti soit qualifié de « droite nationale » et appelle à une « recomposition » de la droite autour du Front national. Mais les journalistes vont plus loin : ils la classent à gauche, l’assimilent à la gauche, et vont jusqu’à écrire qu’elle est « plus rouge que Mélenchon », œuvrant ainsi à la banalisation de ses idées.
Ainsi, dans son article du 29 décembre titré « Grèce : Jean-Luc Mélenchon estime que « la chaîne va craquer » », la journaliste d’Europe1 Aurélie Marcireau parle de l’enthousiasme de Jean-Luc Mélenchon pour l’envolée de la gauche en Grèce. Puis elle parle – oh, c’était si peu prévisible ! – de l’enthousiasme de Gilbert Collard, député d’extrême droite, qui « se félicite lui aussi sur Twitter ». Lui aussi. La journaliste n’a donc aucun problème avec le fait que l’extrême droite s’enthousiasme pour la démocratie. D’ailleurs dans son article il n’y a ni « extrême droite » ni même « Front national » : il y a « Rassemblement bleu marine ». C’est mignon, Rassemblement bleu marine. La mer, le ciel de Provence, tout ça.
La journaliste déontologique et rigoureuse cite ensuite Gilbert Collard :

« Les Grecs ont fondé la démocratie. Ils veulent la refonder contre l’ Europe qui rend esclaves les peuples libres. »

Puis la journaliste conclut :

« Une libération donc ici aussi. »

Voilà. C’est tout. Aucun travail journalistique pour rappeler que l’extrême droite est essentiellement antidémocratique, et que pour avoir l’adhésion du peuple, elle doit plus ou moins parler comme la gauche. Pourtant son programme est hostile aux droits des salariés, très favorable aux patrons ; l’extrême droite est contre l’augmentation du SMIC, « mesure bolchevique » selon Le Pen, elle est hostile aux syndicats et aux grévistes – qu’elle traite de « preneurs d’otages » et d’ « émeutiers » –, hostile aux fonctionnaires – « parasites » –, hostile aux chômeurs, même blonds aux yeux bleus – qu’elle a toujours traités d’« assistés », etc.

Mais non, la journaliste écrit « Une libération donc ici aussi. ». « Aussi ». Ce petit mot innocent qui est une habitude chez tant de jeunes journalistes, si souvent incultes en histoire. Quoi que fasse ou dise Le Pen, un grand nombre de journalistes se régalent à dire que Mélenchon le fait ou le dit « aussi ». Ce 30 décembre, par exemple, on peut lire dans L’Express : « Syriza: Jean-Luc Mélenchon applaudit la Grèce, Marine Le Pen aussi » :

aussiCes journalistes s’amusent, ils jubilent, car tout est drôle ; il faut vendre donc ils produisent « du clash et du buzz », mais bien sur ils ne sont pas du tout populiste-démagogue à l’égard de leurs lecteurs. Les articles produits par les jeunes journalistes d’Europe1 sont tous soit systématiquement cyniques, au sens non philosophique, soit poujadistes ; souvent les deux à la fois. C’est-à-dire nihilistes.

Conclusion : le député fasciste Gilbert Collard aime la démocratie. Pardon : le député du Rassemblement bleu marine aime la démocratie. Et la journaliste Aurélie Marcireau aussi aime la démocratie.

Voir aussi les 18 autres contributions d’Europe1 à la stratégie de dédiabolisation de l’extrême droite, dans le répertoire de l’Observatoire, notamment :

Objectivité ordinaire d’un journaliste
Une journaliste d’Europe1 banalise l’extrême droite
Le traitement de J.-L. Mélenchon par six journalistes d’Europe1
Neuf journalistes rotent et gerbent sur Mélenchon
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2 réponses à La journaliste Aurélie Marcireau banalise l’extrême droite, à l’insu de son plein gré bien entendu

  1. Avec la montée de Syriza en Grèce, ça va être le grand retour du « Mélenchon = Le Pen » et vis-versa… Je fais même le pari qu’il y en a qui vont finir par dire que Syriza est plus proche de Le Pen que de Mélenchon… On va avoir du pain sur la planche :/

  2. Dorzédéjà dit :

    C’est ben tous les mêmes. Courage, Antoine ! La lumière existe !

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