À Libération, gentils journalistes contre méchants actionnaires

« Nous sommes de gauche, nous luttons contre les injustices, les abus de pouvoir, pour que Libération conserve ses valeurs. » Blague d’un journaliste de Libération, 03/04/14.¹
« L’équipe de Libé est pour l’heure l’honneur de la profession. »
Autre blague d’un journaliste de Libération, 27/04/14.

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    Voilà maintenant plusieurs mois que dure la pleurnicherie des journalistes de Libération. Les pauvres gentils petits journalistes éructent, fustigent, tempêtent et tonitruent contre leurs patrons se succédant, tous plus méchants et tyranniques les uns que les autres.
Le 27 avril, Libération a publié « « La société doit se saisir de la question des médias » ». Voici la conclusion :

« La rédaction, face à des actionnaires sans scrupule qui se moquent de l’histoire et de la place de Libé dans le paysage médiatique, a su réagir et interpeller ses lecteurs. Alors qu’elle dispose de peu de moyens, elle travaille à un projet alternatif. Oui, véritablement, l’équipe de Libé est pour l’heure l’honneur de la profession. Alors soutenons-la ! » »

    L’équipe de Libération, l’honneur de la profession ? Cela fait des années qu’elle gerbe sur la gauche tout en se revendiquant d’elle, des années qu’à l’image de Yann Barthès, le petit Poujade du Petit Journal, elle éructe son poujadisme cool, « décalé », « insolent », « impertinent », « clashant » et « buzzant ». Si Libération en est là, c’est par sa propre faute, par ses choix. Il faudrait soutenir ce journal ? La blague ! Le regarder crever la bouche ouverte, oui, et avec plaisir ! Et il faut même l’y aider, en cachant ce torchon, dans tous les kiosques, avec n’importe quel autre journal : Le Figaro, L’Express, pourquoi pas Valeurs actuelles et même Rivarol, car mieux vaut la presse de droite et fasciste qui s’assume que la presse de droite qui se dit de gauche.

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     Un seul journaliste dans votre équipe – Pierre Marcelle – a contesté la diffamation permanente faite à J.-L. Mélenchon, à ses sympathisants, à la gauche en général. Un seul ! Le directeur le censure, et un seul soutien : celui de Daniel Schneidermann. Les « petits » journalistes, à l’image de Lilian Alemagna, sont aussi violents que les médiacrates et éditocrates, et souvent, ils sont plus venimeux, plus haineux, plus poujadistes. Ces « petits » n’ouvrent jamais la bouche pour défendre Mélenchon chaque fois que leur torchon l’assimile à Le Pen, Hitler ou Staline. Au contraire, ils l’ouvrent seulement pour éructer contre lui, et lui gerber dessus. L’assimilation (très drôle, cool, branchée, décalée, etc.) de Mélenchon à un purificateur ethnique, c’est Libération² ! C’est aussi Marine Le Pen (« Ce qui m’inquiète, c’est cette utilisation du terme nettoyage politique, qui rappelle furieusement les nettoyages ethniques »). La pratique (neutre, objective et déontologique) des citations anonymes contre Mélenchon, c’est Libération (voir « Mélenchon, combien de divisions ? », article paru le 30 sept. 2012 et comprenant deux citations anonymes – le lendemain de la parution d’un article du Monde ayant le même titre – « Jean-Luc Mélenchon, combien de divisions ? » – et comprenant six citations anonymes) :

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           Il est trop facile de dénoncer le patron pour amnistier les « petits » sous prétexte qu’ils sont petits. Ils ne sont même pas des larbins. Ils ont des convictions politiques, comme tout le monde, il ne faut donc pas sous-estimer leur capacité de nuisance et leur responsabilité, car pour détester Mélenchon, ils n’ont pas besoin d’ordres. L’équipe de Libération – excepté Pierre Marcelle, qui va démissionner (« J’attends la fin de la baston… et je me casse ! »³) – ne mérite aucun soutien, mais seulement du mépris. Pourquoi lécher la main qui vous frappe ? Il faut rendre les coups.

***

1. « Votre rituel d’accueil est très pestilentiel », 3 avril 2014, article signé « Les salariés de Libération« , Libération.

2. « Affaire Cahuzac : Mélenchon pour la « purification » éthique », Lilian Alemagna, Libération, 6 avril 2013. Mélenchon n’a jamais prononcé le mot purification. Il a dit qu’il fallait « purifier cette atmosphère politique devenue absolument insupportable ». Remplaçons purifier par ventiler. Résultat : Mélenchon pour la ventilation éthique ?

3. Voir Rue89-Le Nouvel Observateur, « Pierre Marcelle à Libé : « la censure est installée »« , 25 avril 2014.

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Une réponse à À Libération, gentils journalistes contre méchants actionnaires

  1. biojm2 dit :

    J’ai beaucoup aimé Libé, il y a trés longtemps, quand c’était encore un journal lisible. Aujourd’hui je suis pour que Libé crève. C’est de l’acharnement de vouloir que ce torchon continue. C’est devenu juste une histoire de fric. Pierre Marcelle trouvera du travail (à Politis par exemple) et les autres iront pointer ça leur fera des pieds. Que Libé crève et vite !

  2. biojm2 dit :

    [«Quand j’allais à mon école de journalisme, j’avais Libé sous le bras et quand je croisais dans le métro quelqu’un qui avait Libé, on se faisait un petit clin d’œil.]
    Je pense que ce type là ne lisait pas le même journal que moi, ou si il a mon age, on ne parlais pas le même langage !

  3. Dorzédéjà dit :

    L’ ADN de Libé s’est révélé au grand jour en 2005, lorsqu’à la suite de la victoire du non au libéralisme sauvage, son gourou d’alors; Serge July, s’est fendu d’un éditorial injurieux contre ses propres lecteurs. Il a mollement tenté de s’en excuser par la suite, mais trop tard: La vérité avait parlé.

  4. Avec Libération, la lecture d’un journal de droite est inutile…

  5. partageux dit :

    Cher directeur de Libération.

    Je suis dans la plus petite pièce de la maison et votre journal qui est devant moi sera bientôt derrière moi.

  6. O.P.I.A.M. dit :

    Ahah, ce serait drôle que Libération publie ça dans la rubrique (pas populisss du tout) du courrier des lecteurs intitulée « Vous êtes des lecteurs ».

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