Mimétisme ordinaire dans la presse neutre et objective 1/5

 Article du militant anti-politique de Libération

     Même titre, même méthode de la citation anonyme, même médiocrité. Un jour après l’article paru dans Le Monde, intitulé « Jean-Luc Mélenchon, combien de divisions ? » et truffé de six citations anonymes, Libération publie « Mélenchon, combien de divisions ? ». Et le minuscule Lilian Alemagna, chargé de salir Mélenchon depuis des années dans Libération, emploie lui aussi, comme la journaliste du Monde, la méthode des témoignages anonymes : « un proche a dit que », « un député affirme que », etc. – méthode qu’il justifie ainsi : « ça s’appelle du off » . Dans l’édition du 1er octobre de Libération, le résumé du gros titre de la page 2 (« Un non, une marche et des courants », dont l’un des deux auteurs est Lilian Alemagna) précise que la manifestation du 30 septembre a été organisée « à l’appel de l’extrême gauche », ce qui est faux : l’appel a été lancé par de nombreuses organisations de gauche et d’extrême gauche. Soit le journaliste ne connaît pas la nuance, soit il ment. Un peu des deux, et beaucoup de stupidité ?

     Le petit Poujade parfumé, qui accuse régulièrement Mélenchon d’égocentrisme, introduit son article en écrivant que « pour exister, le leader du Front de gauche attise les clivages européens, quitte à se couper d’une partie de ses alliés ». Puis le fétichiste du vocabulaire militaire1, répète, comme d’habitude, que « Jean-Luc Mélenchon vit son rôle de leader politique comme un général. Un chef dont “les troupes militantes doivent être maintenues “en mouvement permanent. »
Si « troupes » est entre guillemets, c’est parce qu’en effet Mélenchon lui-même emploie le mot « troupes », mais il n’a pas du tout le même sens dans sa bouche : il ne l’emploie pas pour dénigrer le militantisme politique. L’emploi systématique du vocabulaire militaire dans les articles de Lilian Alemagna est une maladie obsessionnelle qui a pour effet de déprécier la politique dans sa globalité. Cette maladie a pour origine – entre autres – le ressentiment de l’homme bas et mesquin contre ce qui est grand et noble. Ainsi les quatre cent pages de la « biographie » de Mélenchon, vomies par Alemagna et son collègue journalo-psychanalyste2, incarnent cette attraction des insectes pour la lumière. Alemagna est fasciné par Mélenchon. Peut-être faut-il croire à la théorie psychanalytique de l’attraction/répulsion ?
Minuscule, microscopique Lilian Alemagna ! tellement en manque d’imagination et se croyant obligé d’être original, qu’il titre un paragraphe « Manche » car il contient ces mots attribués à l’anonyme n°1 : « “Mélenchon s’y prend comme un manche, observe un député socialiste. » Encore une pitoyable et pathétique manie de la culture journalière.

     Lilian Alemagna emploie ensuite deux expressions du vocabulaire marchand. Pour changer des habituels « OPA » (initiales d’Offre Publique d’Achat), « parts de marché », « capitaliser », etc., il écrit que « le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) donne l’occasion à l’ancien socialiste de recliver la gauche sur l’Europe. Et d’en tirer les bénéfices. » De plus, « Mélenchon veut profiter de la séquence pour continuer d’agréger des forces. »
Et pour convaincre de sa vision d’une autre Europe et d’une autre politique possible à gauche, Mélenchon ne peut pas le faire avec des arguments, ni par des propositions. Non, il faut que ce soit par un « refrain« .

     Tiens ! voilà l’anonyme n°2 : «Jean-Luc estime qu’est venu le moment de trancher le débat entre deux gauches. Je ne le crois pas, affirme un député de l’aile gauche du PS, ancien proche de Mélenchon. Il faut rassembler. Pas la diviser.»
Ce témoignage anonyme d’ « un député », « ancien proche de Mélenchon » permet au journaliste d’introduire sa propagande en forme de commentaire :

« Là est son problème : taper si fort sur les premiers mois de la gauche au pouvoir s’avère également contre-productif et lui fait petit à petit endosser un statut de diviseur que les électeurs de gauche récompensent rarement. »

Oh, comme c’est « taper fort » de demander l’amnistie des syndicalistes victimes du gouvernement précédent ! Comme c’est taper fort de demander qu’un gouvernement socialiste rassure les salariés, les chômeurs, les esclaves plutôt que les patrons ! Comme c’est taper fort de rappeler au gouvernement ses engagements, qui étaient de renégocier le pacte budgétaire européen ! Comme c’est « radical », « gauche de la gauche », « extrêêêême » ! Jean-Marc Ayrault, Premier ministre « socialiste » qui – pour la première fois dans l’histoire du Parti « socialiste » – va rassurer le parti politique des grands patrons esclavagistes – le MEDEF – en allant prononcer chez eux un discours d’ouverture, il ne divise pas, lui, non bien entendu. Aller rassurer ceux qui ont « toiletté » le code du travail sous le gouvernement de Sarkozy pour rendre les esclaves plus « flexibles », ce n’est pas diviser.

Pourquoi cet anonymat ?

     Il ne faut pas être paranoïaque, mais il est bien commode, pour un journaliste qui n’est pas de cette gauche-là et qui pense que Mélenchon « divise », de citer des anonymes car il n’y a pas de démenti possible : il faut croire le journaliste sur parole. Ne serait-ce qu’en vertu de la si belle « éthique » journalistique, un journaliste doit présenter les sources de ses informations, cela fait partie des règles élémentaires du métier.
Ironie du sort : quand l’O.P.I.A.M. signale sur Twitter que Lilian Alemagna, Ava Djamshidi  (qui salit régulièrement Mélenchon dans Le Parisien) et Maël Thierry (qui l’insulte dans Le Nouvel Insulteur) sont une brochette de crétins, Lilian Alemagna répond « Pourquoi cet anonymat ? ».
Sur cette question de la technique des citations anonymes, voici l’analyse qu’a faite Mélenchon sur son blog mercredi 3 octobre :

« La palme de la perversité comme d’habitude revient à « Libération », que son soutien au Parti socialiste, certes mal vécu par la rédaction, n’empêche pas de pilonner d’une façon constante le Front de Gauche. Évidemment tout commence par situer mon action dans le cadre mental qui obsède le rédacteur lui-même, celui de la névrose habituelle du petit bourgeois par peur du déclassement. J’agis « pour exister »³, cela va de soi et pas parce que j’ai des raisons rationnelles de le faire. Mais il y a mieux cette fois-ci. C’est ainsi que Lilian Alemagna prétend avoir rencontré des députés socialistes qui se seraient apprêtés à voter non à l’assemblée mais qui ne le feront pas pour ne pas être assimilés à moi ! Tordu mais si typique de « Libé » à notre sujet ! Rigolade ! Évidemment comme toujours dans ce genre de cas ce sont des « anonymes » qui s’expriment. Anonyme est le nom des ragots et des inventions de cette sorte de journalisme. Car pourquoi quelqu’un qui aurait une telle position politique refuserait-il qu’on le nomme ? Quel serait le risque ? Ne jouirait-il pas plutôt à la fois des compliments de Jean-Marc Ayrault et de la compréhension des partisans du « non » un peu mous du genou ? On peut donc parler ici d’une pure invention. J’invite d’ailleurs mes lecteurs à tenir en complète méfiance les journalistes qui ont recours à ces citations de soi-disant « anonymes » qui sont si souvent citées à charge contre nous. Le mal voulu est double : d’une part faire circuler de pures affabulations, d’autre part laisser entendre qu’il y aurait un risque à nous critiquer. Lequel ? »

Prochainement dans l’ O.P.I.A.M. : deux nouvelles citations anonymes dans Le Nouvel Observateur Anonyme et encore une petite touche de « Mélenchon = Le Pen » (pour changer) dans La Nouvelle République.

Notes :

1  « Vocabulaire dépréciatif systématique dans Libération et Le Parisien »

2 « Un journaliste a encore psychanalysé Mélenchon »

3. Le premier article de l’OPIAM avait d’ailleurs commencé par cette fréquente accusation de Lilian Alemagna : Mélenchon parle et agit « pour exister ».

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Une réponse à Mimétisme ordinaire dans la presse neutre et objective 1/5

  1. OULIANOV666 dit :

    Lilian Alemagna. @lilianalemagna. Journaliste au service politique de Libé, s’ occupe de la gauche. ex-La Provence, co-auteur d’une biographie de Jean-Luc …
    Lilian Alemagna commente le score de Jean-Luc – Libération vidéo
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    2 mars 2012 – Toulonnais de 27 ans, Lilian Alemagna est aujourd’hui de retour dans sa ville natale pour dédicacer son livre Mélenchon, le plébéien.
    « Mélenchon le Plébéien » (de Lilian Alemagna et Stéphane Alliès)blogs.mediapart.fr/…/melenchon-le-plebeien-de-lilian-alemagna-et-st…En cache
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    17 janv. 2012 – Le 19 janvier 2012, paraît chez Laffont « Mélenchon le Plébéien », de Lilian Alemagna et Stéphane Alliès. Parution : 19 Janvier 2012 …

    Il faut dire que ce journaliste serait inconnu si Mélenchon avait fait un mauvais score aux présidentielles…..Quand vous tapez Lilian Alemagna (lilianalemagna) on tombe sur tout ce fatras ….. Autant tapez Mélanchon tout de suite!

  2. Magdala Schlokhov dit :

    Un joli petit film d’animation qu’il faudrait envoyer à tous ces cire-pompes de la presse… J’ai déjà commencé. Hélas Demorand n’a pas de compte twitter. Si quelqu’un sait comment le joindre…

  3. Ping : Congrès du PS: Le Monde ment, pas Mélenchon!

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